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BROUILL'ART ?

May 12, 2014 par Jean-noël Léger   Commentaires (0)

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L'art de s'orienter dans le brouillard ?

Brouillard extérieur ?

Comment s'orienter dans le brouillard de la multitude des contacts possibles avec les habitants de cette terre ? Suffit-il d'utiliser les pluriels tels que nous, vous, ils, elles, ou on, pour désigner tout le monde et prétendre savoir de qui il s'agit ? Comment éviter l'affolante sensation d'égarement provoquée par la masse de plus en plus dense des nuages d'informations qui s'accumulent sans cesse sur les réseaux de communication par internet ? Comment s'orienter par rapport à un horizon de connaissances qui s'enfuit à perte de vue au fur et à mesure des échanges ? Comment s'orienter dans cette contemplation du théâtre des mots des images et des sons qui apparaissent comme un flot de particules ultra fines submergeant l'entendement et donnant une sensation de vertige face à cette abondance ? Comment traduire tous ces langages qui prétendent vouloir tout représenter et tout expliquer mais qui révèlent aussi leur manque face à l'inexprimable ? Faut-il donc inventer un langage de l'obscurité qui représente tout ce qui ne peut se comprendre en langage clair ? Comment s'orienter dans tous ces systèmes de classification qui engendrent tant de catégories comme autant d'enfermements dans autant de frontières sous prétexte de définitions définitives ? Comment s'orienter en croyant bien fondé de suivre une seule manière de penser alors que tant de limites sont à franchir pour découvrir ce qui n'est pas mentionné, nulle part ou bien ailleurs, tout ce qui n'est pas dans le réseau, pas encore ou jamais ? Comment atteindre et dépasser les limites de la pensée si ce réseau en constitue l'enfermement : pas de relation, pas de pensée ? Comment s'orienter vers d'autres façons de penser, comment évoquer d'autres possibles hors de notre nature, alors que nous aussi nous sommes d'origine animale et que nous ne savons même pas comment pensent les autres animaux, comment pensent les végétaux, comment pense tout ce qui est vivant, comment pense ce qui est inconnu, comment pensent tous les autres extras ? Comment penser autrement, si le réseau nous formate en boucle dans le jardin du savoir actuel par de perpétuels renvois où l'esprit ne peut s'arrêter sur rien et où il n'arrive à rien ? Devons-nous cesser de penser ?

Brouillard intérieur ?

Comment s'orienter dans le brouillard de la complexité, celle de notre propre organisme qui héberge tant de personnalités potentielles différentes ? Comment contrôler nos réactions, alors que tant de systèmes réflexes nous conditionnent à toutes sorte de comportements incontrôlables et inattendus ? Comment maîtriser ce qui nous fait agir en mobilisant toutes nos sensations et nos émotions pour traverser le monde environnant comme autant de personnages différents selon les événements ? Qui sont ces habitants de l'intérieur ? Sont-ils tous perceptibles subjectivement en soi dès qu'ils revendiquent leur présence et leur différence ? Se manifestent-ils en échos à ceux de l'extérieur ou comme les facettes d'une même personnalité ? Comment se fier au guidage de l'intuition et de l'inconscient dans la liste sans cesse renouvelée des individualités qui nous marquent et nous influencent ? Comment s'orienter dans cette mouvance des fluides d'énergie et des forces d'attractions qui renouvellent toujours nos rencontres et les font apparaître et disparaître au gré de notre affectivité ? Qui est représenté par l'utilisation globale du « je » s'il faut considérer tout ce qu'il désigne ? Comment réduire à deux lettres seulement un mot qui nomme une entité globale aussi particulière, à travers une appellation aussi générale, mais qui caractérise ainsi la distinction de chacun par rapport à tous les autres ? Que dire de l'appellation de soi visible en double dans le cadre du miroir ? Qui es-tu toi en regardant ta propre image ? Peux-tu te rendre compte comment tu apparaîs aux yeux des autres ? Et qu'en est-il de ton appellation à la troisième personne, quand les autres se demandent à ton sujet, qui est-il, qui est-elle ? Qui se cache alors derrrière cette dénomination civile qui dévoile juste le masculin ou le féminin ? Est-ce si impersonnel d'exister ainsi ? Qu'est-ce que la personne, alors que ce mot clef particulièrement ambigu désigne à la fois quelqu'un et rien ? Combien de personnes croise-t'on tous les jours qui nous laissent leur trace de passage ? Combien de souvenirs nous rappellent également tous ceux que l'on a connu et qui existent encore bien présents à l'esprit ? Comment faire vivre toutes ces existences multiples ?

RENC'ART

May 4, 2014 par Jean-noël Léger   Commentaires (0)

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De l'art de se rencontrer ?

Qu'est-ce qui provoque la rencontre entre les êtres humains au point d'en faire des bêtes de sexe ou des fous d'amour ? Faut-il distinguer une approche différente entre l'homme et la femme ? De quelle nature peut être qualifiée cette rencontre ? Qu'est-ce qui détermine ces affinités sélectives si particulières d'où dérive toutes les collections de population ? Toutes les conséquences suffisent-elles à expliquer toutes les causes ? Quel rapport mystérieux et pourtant évident entre génétique et érotique ? D'où vient cette invention géniale du vivant pour favoriser la biodiversité ? D'où vient cette idée sublime d'organiser des rituels de parade amoureuse, observables pour autant d'espèces si extrêmement variées ? D'où vient cette différenciation de genre qui a réparti autant d'attributs sexuels en positions aussi étranges ? Qu'est-ce qui nous manipule par la séduction ?

Qu'est-ce qui a pu décider d'un tel rencard entre sexe et amour ? Grâce au sexe ou à l'amour ? Qui précède l'autre , qui a flashé le premier en croyant jouer contre le hasard ? Qui est intervenu comme un heureux tiers entremetteur : un amuseur nommé désir ? Quel complice de circonstance a su jouer de cette étrange force d'attraction irrépressible : l'appel de la tentation ? Qui a organisé cette mise en scène tout à fait spectaculaire pour faire croire à l'illusion du plus célèbre tour de magie : un prestidigitateur nommé fantasme ? Quel est le premier contact : le regard, la parole ou la caresse ?

Quels sont les mots qui peuvent prétendre décrire et justifier tous les corps à corps ? Est-ce vraiment une question qui ne concerne que l'usage des mots ? Quels sont les mots, issus du vécu, qui peuvent répondre en écho à l'évocation de ceux du sexe et de l'amour, sans être accusés dans un procès dérisoire et utilisés contre leur auteur ? Comment évoquer ce drôle de programme, en guise de menu à déguster dans le cadre d'un banquet philosophique, alors que l'appréciation des sens ne peut que rester totalement secrète, malgré le langage nécessaire pour en parler ? Quelle intimité peut être partagée sur un média public, quelles confidences sont possibles ? N'est-on pas victime d'un quiproquo permanent sur les arrières pensées de toute déclaration ? Quelle peut-être la maîtrise d'un phénomène qui dépasse l'entendement en provoquant une manipulation de comportement aussi magique qu'incompréhensible ? Comment faut-il osciller entre intersubjectivité et intrasubjectivité pour pouvoir passer la frontière entre le conscient et l'inconscient de l'un à l'autre ? Comment se découvrir entre personnes inconnues ? Quels arguments d'anticipation valoriser pour se séduire ? Faut-il coloriser la situation imaginaire dans un tableau de rêve?

Qu'est-ce qui agite le corps et l'esprit, quelle est la part d'intention ou d'intérêt, de motivation ou d'abandon, de pensée futile ou d'action gratuite, de croyance préalable ou de connaissance acquise ? Est-ce l'histoire d'une conquête de territoire ou un conte du cœur et de l'âme qui reste à découvrir ? Comment s'assurer que la perception de nos sensations n'est pas trompeuse, que l'autre est bien d'accord ? Qui contrôle quoi ? D'où vient cette pulsion de fusion, est-ce le phénomène extérieur d'un champ de séduction propulsant l'un vers l'autre ? D'où vient cette énergie qui mobilise tous les sens en état d'éveil ? Quelle est la vraie nature de cette attirance irrésistible : un état de manque en suspension dans l'air du temps, un effet de charme insaisissable dans l'ambiance de l'atmosphère ? Comment expliquer l'éclosion d'un sentiment qui apparaît d'abords très virtuel mais se manifeste finalement dans le monde bien réel ? Comment croire à la vertu de l'expérience alors que chaque histoire est forcément nouvelle ? Comment comprendre ce qui nous rapproche dans ces situations de communication globale, est-ce dû au bouillon de culture qui nous informe, nous éduque et nous conditionne ? Comment faire confiance au bien-fondé des intentions d'un apprentissage s'il y a risque de violence, de souffrance ou d'égarement, de peur ou d'insouciance, risque de franchir les limites physiques ou psychologiques de la difficulté d'être ou de paraître ? Quel est l'origine de ce jeu de cache cache entre le sexe et l'amour, entre le jardin des délices et le jardin des mirages ?

Léger jean-noël / « Caméléon-Phénix »

Réseau Sophie's Lovers / Evian / France / 04-05-2014

CAUCHEM'ART

February 12, 2014 par Jean-noël Léger   Commentaires (1)

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A quoi bon rêver ? Rêver à quoi ? Rêver va-t’il devenir un danger ? Le Rêve individuel va-t’il s’opposer au Rêve collectif ou l’ensemencer ? Va-t’on Breveter le vivant ? Que nous réserve la fabuleuse histoire des cellules souches ? Va-t’on pouvoir se régénérer à volonté vers une étrange éternité ? Va-t’on pouvoir se métamorphoser humainement en réinventant des cellules imaginales ? Va-t’on vers un développement bionique pour une génération de cyborg ? En supposant possible une nouvelle accessibilité pratique et facile aux manipulations en tous genres jusqu’où peut-on aller ? Comment apporter des réponses à des questions non encore formulées ? Comment exposer des demandes qui défient la nature même de notre humanité ? Faut-il explorer la notion de possible, d’impossible, de souhaitable ? Si par exemple on imagine possible de manipuler notre code génétique comment qualifier les nouvelles entités ainsi générées ? Selon le degré de transformation ainsi obtenu comment qualifier cette nouvelle existence ? En cas de réelle métamorphose non improbable, car déjà observée dans le développement de certaines espèces, on peut effectivement rêver à un large choix allant du déjà connu au totalement inconnu ! Quel choix faire individuellement, quel choix faire collectivement du fait que chaque choix entraîne des conséquences de reproduction et de croisement multiples ? Le code génétique entraîne-t'il la nécessité d’un code civil et pénal spécifique à la préservation de notre espèce ? Comment délimiter et contrôler les brevets sur les nouveaux vivants ? Combien de conflits potentiels sur des droits de succession et d’héritage ? Quelles sont les étapes que l’on va pouvoir franchir successivement selon l’évolution de la situation et des connaissances ? Quels risques peut-on anticiper et contrôler ? Quels risques resteront incalculables et comment prévoir et contenir l’imprévisible ? A chaque découverte scientifique se pose la question de son usage, de son utilisation bénéfique ou maléfique, bien qu’en fait ce soient des étapes successives de chaque exploration nouvelle ! Une recherche de solution entraîne une recherche d’explication qui entraîne une nouvelle exploration avec souvent une découverte inattendue qui peut alors offrir de nouvelles conséquences incontrôlables posant de nouvelles questions et permettant de nouvelles interventions, mais créant également de nouveaux risques ! Faut-il alors interdire la science sous prétexte qu’elle pourrait permettre de tout anéantir en offrant la possibilité de créer des armes de destruction de plus en plus massives ? Ou pire encore va-t’elle entraîner la dégénérescence de l’espèce humaine par une transmutation monstrueuse, une tératogenèse héritée de la science-fiction ? Faut-il se méfier de l’imagination elle-même capable de tout réinventer autant pour le pire que pour le meilleur ? La futurologie peut-elle tout prévoir et anticiper ou comment se préserver de ce qui n’est pas encore arrivé ni même pensé ? Rêver de cellules imaginales pour se métamorphoser à volonté ? Rêver d’un contrôle sur les cellules souches pour se régénérer à volonté ? Rêver d’accéder à l’immortalité ? Rêver de contrôler ses rêves lucides afin de développer son imaginaire inconscient ? Rêver d’atteindre l’inconscient collectif et ses archétypes ? Que laisse supposer le cœur artificiel , le sang artificiel, l’utérus artificiel ? Que laisse supposer l’accès aux autres modes de reproduction suite à la fécondation in vitro : le clonage, la scissiparité, la parthénogenèse, le bouturage, le rhizome, tous les assemblages cellulaires déjà constatés dans le domaine végétal et applicables au domaine animal ? Qu'est-ce que le rêve ? Qu'est-ce qui fait que l'on veut devenir un autre ? N'est-ce pas le cas par le fait même du temps et de l'environnement qui transforme tout, tout le temps ? N'est-ce pas aussi un rêve de vouloir visualiser ses rêves alors qu'ils sont si difficiles à connaître, ne laissant qu'un vague souvenir qui s'évapore très vite ? Les verra-t-on mieux par un arsenal d'imagerie médicale tel qu'il se développe en neuroscience ? Faut-il faire appel à un interface homme-machine qui en stimule l'expression, par un imaginaire assisté par ordinateur, par un inconscient assisté par ordinateur (IAO) ?

Jean-noël LEGER / « Caméléon-Phénix »

Réseau Sophie's Lovers – Evian – France – 10/02/2014

Vidéopoème à visionner sur https://vimeo.com/86238661

« METAMORPHOSE IMAGINALE »

De l'Europe philosophique à l'Europe politique

January 19, 2014 par Le Libraire de Sophie   Commentaires (0)

Auteur d'une vingtaine d'ouvrages, directeur des collections « Humanités » aux éditions du Cerf et « Philosophie pratique » aux Presses de l'université de Paris-Sorbonne, Jean-Marc FERRY est professeur de philosophie politique, actuellement titulaire de la chaire Philosophie de l'Europe de l'université de Nantes.

Il a tout récemment publié un ouvrage collectif intitulé L'idée d'Europe. Prendre philosophiquement au sérieux le projet politique européen.

Il s'agit d'une ample réflexion politique qui apporte des perspectives originales et profondes aux nombreux débats contemporains sur l'Europe. Il s'agit aussi d'une réponse aux critiques de l'Europe philosophique formulées par Hannah Arendt (voir la conclusion de notre précédent billet). Car, au-delà des questions classiques de l'héritage Gréco-romain, de l'essence et de l'universalisme du projet européen, on propose ici de réfléchir à la manière dont l'Europe pourrait à terme stabiliser les liens entre ses États-membres et s'affirmer comme une communauté politique ou, plutôt,« cosmopolitique ».

Les phases d'élaboration de l'idée européenne

Dans son introduction, Jean-Marc Ferry expose clairement les enjeux du problème.

À présent, le moment semble venu pour l'accueil d’une « critique constructive » résolue à s’affronter aux dénonciations intellectuelles du projet européen, mais surtout au « malaise européen » lui-même, qui est bien réel, et à l’élucidation des sources objectives de ce malaise. (1)

Pour mener à bien cette élucidation, Jean-Marc Ferry dresse un tableau rétrospectif des grandes théories de l’Europe et distingue plusieurs phases : les « rêves visionnaires » des philosophies et écrivains de la période 1750-1850 (abbé de Saint-Pierre, Jean-Jacques Rousseau, Christian Wolff, Emmanuel Kant, G.W.F. Hegel, Wilhelm von Humboldt, F. Nietzsche…) ; le temps des incertitudes et du développement des nationalismes (1850-1950), avec des penseurs comme Oswald Spengler, Max Weber et, surtout, Edmund Husserl ; la période suivant la seconde guerre mondiale, enfin, qui marque la fin de la vision spéculative de l’Europe (porteuse d’une mission universelle) et le début de la construction de l’Europe politique.

Chacune de ces phases apportent des éléments théoriques majeurs, susceptible de nourrir la réflexion contemporaine : ainsi en est-il du « paradigme de Humboldt » qui parvient à concilier universalité et historicité dans l’affirmation de la diversité des langues et de leur capacité à dialoguer entre elles, grâce au pouvoir de la traduction, « seule manière de manifester l’universalité du langage dans la dispersion des langues » (Paul Ricœur). Ainsi, aussi, de la critique par Husserl d’une rationalité purement technoscientifique et instrumentale. Puis, la question délicate du passage de l’ « Europe philosophique » (qu’à tort on a cru éternelle) à l’Europe politique…

À ma connaissance, c’est, parmi les penseurs tout contemporains de l’Europe politique, Étienne Tassin qui a le plus précisément et le plus finement saisi et situé le problème. Étienne Tassin commence par poser trois aspects de l’Europe : l’Europe philosophique, qui renvoie à l’idée d’un esprit européen (ou d’une Europe spirituelle) ; l’Europe culturelle, qui renvoie à l’identité européenne (ou la civilisation européenne) ; l’Europe politique, qui renvoie enfin à la communauté (l’idée d’un « corps » politique selon la conception classique).

Une solution de continuité entre philosophie et politique

C’est la confusion de ces différents aspects qui brouille la plupart des débats de l’après-guerre. En cherchant à appliquer directement les idées de l’Europe philosophique (la quête de l’universel, la critique du naturalisme, l’idéal moral) à celles de l’Europe politique, on fait peu alors de cas de l’écart fondamental les sépare.

La question des souverainetés nationales en est un bon exemple. De Victor Hugo à Denis Rougemont, on considère généralement que le mal dont souffre l’Europe s’appelle « État-nation » et que son salut dépend de l’instauration d’un État fédéral (les fameux « État-unis d’Europe » rêvés par V. Hugo). Ainsi, dans son Discours à la nation européenne, Julien Benda fustige-t-il vivement le nationalisme :

Bossuet assure que le patriotisme n’est qu’une forme de l’amour de l’homme pour ses semblables. Renan, dans sa fameuse étude, montre presque uniquement, dans le nationalisme, l’acte par lequel l’homme accède à un sentiment de fraternité, de similitude de cœur, à l’égard des autres hommes. Ces psychologues passent sous silence le second geste du nationaliste, celui par lequel il arrête son mouvement de fraternisation et, se pose, lui et ses frères, contre le reste des hommes, ou tout au moins en contraste implacable avec eux. (2)

Aussi louable que soit ce genre de discours, il néglige (ou violente) souvent, au nom d’un rationalisme volontariste, la dimension proprement historique et politique du problème (3). L’histoire des peuples européens n’est pas celle du peuple américain et les Européens n’ont sans doute pas vocation à former un jour une seule et même nation. Par ailleurs, l’idée d’imposer un projet constitutionnel et/ou gouvernemental sans y préparer les citoyens serait une erreur politique. Une ambition constitutionnelle implique l’existence d’un espace public, d’une forme de démocratie participative qui, au sein de la Communauté, n’est encore qu’embryonnaire.

Vers une Europe cosmo-politique ?

« L’Europe politique reste à penser » note en conclusion Jean-Marc Ferry. « Cela  implique aussi que le politique soit lui-même, sous ce défi, à repenser ». La philosophie politique n’a que deux imaginaires en tête pour « penser la politique » : la Cité grecque ancienne et l’État moderne. Mais l’Europe qui se construit aujourd’hui échappe à ces modèles…

Son propre est de s’édifier, non sur la subordination des États nationaux à une puissance publique supranationale, mais sur le double principe : 1) de la co-souveraineté des États membres, impliquant des principes de méthode, tels que la coordination (des politiques publiques), l’harmonisation (des systèmes juridiques), la concertation régulière entre dirigeants (l’institutionnalisation des sommets), à quoi il convient d’ajouter la subsidiarité, la confiance mutuelle, la reconnaissance mutuelle ; 2) de la coopération avec le voisinage, impliquant notamment les principes de conditionnalité positive et de multilatéralité. C’est là une orientation sans précédent dans la réalité, dont la réalisation, strictement processuelle, engage l’édification de « l’État européen » sur la voie « postétatique » d’une « Union cosmopolitique. » (4)

Union cosmopolitique et non pas cosmopolite, comme on serait tenté de lire. Car il ne s’agit pas pour l’Europe de regrouper des citoyens d’origines diverses, comme le faisait autrefois l’empire de Rome, mais de former une communauté politique « unie dans la diversité » (5).

 

       


Pour approfondir ces brèves réflexions, nous vous invitons à lire « Telos, Nomos, Ethos : réflexions sur le sens de l'Europe politique » (sous l'onglet « compléments »), conférence donnée par Jean-Marc Ferry le 9 décembre 2013 à Milan, lors d’une rencontre de la Commission européenne « un nouveau récit pour l’Europe » . Nous le remercions chaleureusement de nous avoir autorisé à diffuser ce texte gracieusement auprès de nos lecteurs.


NOTES

(1) Jean-Marc Ferry (dir.), L'Idée d'Europe, PUPS, 2013, p. 7.

(2) Discours à la nation européenne, Folio/Gallimard, 1992, p. 120.

(3) Observons toutefois que Julien Benda en est pleinement conscient : « Je ne m'adresse pas à tous. Parmi ces hommes, les uns cherchent ce que l'Europe, pour gagner l'existence, devra faire dans l'ordre politique, d'autres dans l'ordre économique, d'autres dans l'ordre juridique. Je n'ai point qualité pour retenir leur audience. D'autres pensent à la révolution qu'elle devra accomplir dans l'ordre intellectuel et moral. C'est à ceux-là que je parle. » (op. cit., p. 14)

(4) Jean-Marc Ferry (dir.), op.cit., p. 53.

(5) Il s'agit de la devise européenne, brillament analysée par Janie Pélabay au chapitre 1 de L'idée d'Europe.

L'Europe, un projet philosophique ?

December 14, 2013 par Jean-Michel Henny   Commentaires (0)

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On connaît le plus souvent l'œuvre d'Emmanuel Kant à travers ces trois grands livres que sont la Critique de la raison pure (1781/1787), la Critique de la raison pratique (1788) et la Critique du jugement (1790). On connaît bien moins, en revanche, les textes que le penseur de Königsberg a consacré à la politique, la religion et la philosophie de l'histoire (1).

Dans son dernier ouvrage – Kant Prophète ? — Claude Obadia (2) montre que cette production, est loin d'être secondaire et peut constituer une contribution importante à une réflexion sur l'Europe. L'auteur s'en explique :

« S'il est tentant de considérer que la vérité du kantisme est celle de l'étude des fondements et des limites de la connaissance humaine, étude à l'aune de laquelle les textes consacrés à l'histoire et à la politique seraient secondaires, loin s'en faut que cette lecture soit totalement satisfaisante. À cela deux raisons majeures. En effet, envisager Kant de cette façon, c’est d’abord disjoindre ce que Kant ne cesse de lier, à savoir le criticisme et l’époque des Lumières que la philosophie critique s’emploie à réfléchir. Or, si en s’évertuant à penser l’actualité, Kant est bien « moderne », il l’est aussi dans la mesure où les problèmes majeurs qu’il soulève dans les trois Critiques, loin d’être sans rapport avec la politique et l’histoire, définissent, à certains égards, les défis mêmes que l’Europe moderne aura à relever. Comme en témoigne la réception de Kant en France dès la fin du XVIIIe siècle, c’est d’abord la question du rapprochement entre la France et l’Allemagne qui se voit engagée au détour de la question de la traduction de la philosophie kantienne. Mais c’est aussi celle de savoir s’il existe une nation philosophique et si l’Allemagne peut prétendre à ce titre. Or, ces questions n’instruisent-elles pas la question même de l’Europe, de son identité, de son avenir ? N’est-ce pas penser l’Europe que rêver une société des nations ? N’est-ce pas interroger l’Europe que soulever la question du sens de l’histoire ? Last but not least, n’est-ce pas travailler à la définition d’une philosophie de l’Europe? Car si Kant met en question le processus historique, s’il soulève le problème de l’Europe, il apporte à ces questions des réponses qui sont pour ainsi dire celles d’un visionnaire. N’est-ce pas, en effet, la question de la liberté, la question de la société, qui se voient impliquées dans l’étude des conditions du devoir ? N’est-ce pas encore le problème de la justice et de la liberté qui l’est dans l’élaboration critique d’un tribunal de la raison ? Et n’est-ce pas encore la question politique d’une société authentique que le problème de l’art et du beau définit à travers la question de la communication ? »

Avant Nietzsche, Kafka et Husserl, Kant poserait ainsi les fondements d’une « europhilosophie ». Que faut-il entendre par cette expression ? Pour Claude Obadia, il s’agit d’ « une étude prenant pour objet l’identité de l’Europe »…

« Celle-ci est d’abord un territoire, et même un continent, donc à un premier niveau d’analyse un espace géographique. Mais n’est-elle pas tout autant une histoire, une mémoire, une culture? Autant de questions qui peuvent définir le premier volet d’une europhilosophie, autrement dit d’une recherche centrée sur les fondements de l’Europe. Or, ces derniers sont-ils essentiellement historiques? Cela n’est pas certain. Une europhilosophie devra ainsi envisager l’Europe par-delà l’histoire et la géographie, autrement dit encore « au-delà du temps et de l’espace ».
Par où l’on peut maintenant envisager ce que pourrait être le deuxième volet d’une europhilosophie. Car si l’Europe est davantage qu’un lieu géographique, que peut bien être son essence, son idée, son esprit ? Autrement dit, qu’est-ce qui définit l’Europe? On répondra ici « l’Universel », né en Grèce sur le terrain de la politique et de la science. La philosophie serait-elle alors le lieu spirituel de naissance de la philosophie ? C’est ce dont Husserl est convaincu et qui devra, bien sûr, être interrogé. Reste que la question de l’Europe, cette patrie de l’universel, devient ainsi celle de savoir à quelles conditions il y a lieu de penser l’existence d’une Europe spirituelle que pourraient définir des valeurs (l’universel, la société, la liberté) et qui serait pour ainsi dire « destinée » à prendre corps dans l’épaisseur de l’histoire temporellle de l’humanité.
Par où l’on voit, troisième volet, que la question de l’europhilosophie débouche conjointement sur un problème téléologique et sur une question pratique. En effet, si l’Europe fait sens, alors son histoire ne doit-elle pas être envisagée comme le processus de la réalisation empirique et politique de son essence ? Le cas échéant, comment une europhilosophie pourrait-elle ne pas être vouée à promouvoir l’avènement des valeurs et des idéaux qui définissent l’Europe ? Si tel est le cas, l’europhilosophie, loin d’être une « métaphysique » coupée du réel, ne constitue-t-elle pas l’acte inaugural de la construction politique d’une Europe authentique, c’est-à-dire affranchie des frontières de l’Europe continentale ? »

       

Pour poursuivre cette réflexion, nous recommandons vivement la lecture du livre de Claude Obadia et, pour l’enrichir, celle d'un numéro des Cahiers de philosophie de l’université de Caen, consacré au « phénomène Europe ».

Une dizaine d’articles y analysent en détail le devenir de l’idée d'Europe de Hegel à Hannah Arendt, en passant par Husserl, Heidegger, Gadamer et Patočka. Un parcours passionnant qui montre que l’Europe en tant qu'idée  philosophique se confond souvent avec celle d’ « Universel », au risque d’oublier sa dimension historique et politique. Ainsi, lorsqu’en pleine montée du nazisme, Edmund Husserl prononce la fameuse conférence « La crise de l’humanité européenne et la philosophie », il dégage l’idée d’Europe de son contexte historique pour en indiquer la seule signification transcendantale :

« La figure spirituelle de l’Europe » – qu’est-ce que cela ?  C’est montrer l’idée philosophique immanente à l’histoire de l’Europe (de l’Europe spirituelle), ou, ce qui revient au même, la téléologie qui lui est immanente, et qui, du point de vue de l’humanité universelle en général, se fait connaître comme l’irruption et le début d’une nouvelle époque de l’humanité, l’époque de l’humanité comme telle, qui désormais ne veut et ne peut vivre que dans la libre formation de son existence, de sa vie historique, par les idées de la raison, par des tâches infinies (3). »

Aussi exigeant et rigoureux fut-il, le discours du père de la phénoménologie échoua à alerter et convaincre la communauté des intellectuels. On connaît malheureusement la suite…

Après la Seconde Guerre mondiale, Hannah Arendt sera très critique vis-à-vis de cette irréfragable confiance en la raison (européenne). Ce n’est pas la question de l’eurocentrisme qui est ici en ligne de mire mais l’aveuglement de toute une tradition de pensée rationaliste qui, selon l’auteure de La crise de la culture, n’a pas su voir que les catégories qu’elle avaient forgées (sujet, objet, technique, maîtrise et domination du vivant…) portaient en elles l’avènement du totalitarisme. Comme le déclare Étienne Tassin, en conclusion du « Phénomène Europe » :

« …du point de vue d’Arendt, ces interrogations sur l’Europe spirituelle ou culturelle ne sauraient être posées que sous condition de ne pas livrer l’Europe politique à une intelligence philosophique de surplomb supposée indépendante de l’histoire, et de ne pas subordonner le plan politique aux plans spirituel, culturel ou communautaire comme si l’union politique européenne dépendait pour se déployer d’autre chose que d’un agir ensemble concitoyens. Il n’est pas sûr que cette leçon arendtienne ait encore été vraiment entendue (4). »

 


NOTES

(1) On peut citer notamment : Idée d'une histoire universelle d'un point de vue cosmopolitique (1784) ; Conjectures sur le commencement de l'histoire humaine (1786) ; La Religion dans les limites de la simple raison (1793) ; Projet de paix perpétuelle (1795).

(2) Né en 1962, Claude Obadia est agrégé de philosophie et enseigne dans le Secondaire et en Classes préparatoires économiques et commerciales. Auteur, en 2011, d’un essai intitulé Les Lumières en berne ? Réflexions sur un présent en mal d’avenir, il consacre ses recherches actuelles à Kant et aux déterminations religieuses et métaphysiques des socialismes européens.

(3) E. Husserl, « La crise de l'humanité européenne et la philosophie », La crise des sciences européennes et la phénoménologie transcendantale, G. Granel (trad. fr.), Paris, Gallimard. Cité par Emmanuel Housset in Cahiers de philosophie de l'université de Caen, n° 47, Caen, Presses universitaires de Caen, 2010 : 48.

(4) É. Tassin, « Hannah Arendt. Le moment politique de l'Europe » in Cahiers de philosophie de l'université de Caen, n° 47, Caen, Presses universitaires de Caen, 2010 : 180.

Traquen’art (Traquenard)

October 19, 2013 par Jean-noël Léger   Commentaires (0)

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LE FUTUR EST-IL DÉJÀ ARRIVÉ ?

Proposition de réponse interactive à ce grand thème de réflexion, par une petite suite interrogative selon trois approches, à franchir comme trois paliers de décompression pour refaire surface, après la plongée dans les interrogations profondes de l’imaginable, du métaginable, de l’inimaginable :
IMAGINABLE ? Ce que l’on peut déjà imaginer, anticiper, prévoir ou calculer par tendance ou extrapolation en fonction des recherches actuelles et des possibilités de développement en cours d’exploitation…
METAGINABLE ? Ce qui ne peut même pas encore être imaginé, du moins dans le cadre de notre entendement actuel, de notre présent, de notre nature humaine… Mais tout ce qui peut et va arriver après, en conséquence de maintenant…
INIMAGINABLE ? Ce qui ne pourra jamais être imaginé, ce qui est inhumain, inaccessible en dehors de notre écosystème, en dehors de ce que l’on peut ressentir, observer, penser, créer, en dehors de la vie, de l’esprit, de notre univers… Tout ce qui arrivera sans nous…  Tout ce qui n’arrivera pas…

Où se situe le trashumanisme ? De par sa propre référence à l’humain il semble bien qu’il s’agit d’un mode de dépassement de nos capacités actuelles, en les renforçant et en les dépassant vers le surhumain ! Mais au-delà de toute production humaine au départ, en partant du naturel pour aboutir à l’artificiel, quels possibles peut-on encore anticiper et réaliser ? Citons par exemple l’idée même de la conception de l’utérus artificiel !...

Et au-delà, quels impossibles ne peut-on déjà plus anticiper ? Peut-on estimer que la question ne se pose donc même plus ou que le fait de se la poser est un non-sens ? Mais n’est-ce pas notre audace de recherche de connaissance qui nous permet de proposer des théories pour affronter les questions sans réponses, pour se transposer dans d’autres métapensées, métaphysiques, métamathématiques ? Citons par exemple la théorie du Big-Bang, la théorie des cordes, le modèle standard, un modèle unifié !  Ainsi le simple fait de poser la question : « Pourquoi y-at’il quelque chose plutôt que rien ? », semble prouver que le futur est déjà arrivé, puisqu’il serait la suite logique d’un tout début !... Et implique la question suivante : « Qu’est-ce qui nous manipule et à quelle fin ? »

Ou alors ne faut-il pas se propulser librement dans le monde des hypothèses fortuites pour penser à une théorie du Dig-Dang : l’humain, cette minuscule particule en état d’évolution, ne serait-il pas lui-même une partie prenante et active de la création du monde futur, une exploration d’un des possibles dans la fabrication du multivers, une expérience de plus dans le tout grand laboratoire, une entité pour fabriquer de l’imaginaire ? Ou un traquen’art  du chaos  !_?

Echo amical au groupe vaudois de philosophie
FILO de Léger jean-noêl / Caméléon-Phénix
Membre du réseau Sophie’s Lovers à Evian le 19/10/2013

Ign’art (Ignare)

September 27, 2013 par Jean-noël Léger   Commentaires (0)

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     Comment "Je" peux savoir ce que ce "Je" ignore ? Est-ce que ce "Je" rêve quand ce « Je » crois savoir ? Mais que sait-il au juste ? Et qu'est-ce qui lui permet de dire qu'il sait ? Est-ce du fait qu'il utilise un langage pour le dire: l'exprimer en sons articulés sous la forme de paroles, l'écrire: le dessiner en signes symboliques, le peindre en images de toutes sortes, le communiquer: le suggérer par des comportements jugés significatifs, le danser avec les autres ? Quelle est la nature de cette information qui fait penser qu'il s'agit d'un savoir? Est-ce que le simple fait de pouvoir nommer quelque chose permet de prétendre le connaître ? Est-ce que le mot porte en lui sa propre définition, unique, ultime, simple et claire, comme le nom d'une personne pourrait suffire à la distinguer et à préciser de qui il s'agit et qui elle est réellement ? Mais qu'est-ce que l'on désigne par réalité ? Est-ce cette surface des choses que l'on voit directement ? Est-ce une vision identique pour tous ? Est-ce cela le critère du sens, qu'il soit partageable et partagé par tous ? Sous les différences des langues et des états d'esprit plusieurs cultures s'affrontent, peut-il exister au moins une traduction qui soit juste, qui ne soit pas réductrice ? Comment pouvez-vous comprendre ce que "Je" dis si vous, autant d'autres 'Je" différents, n'êtes pas présents dans le contexte d'un échange, d'un partage, d'une recherche, au moins d'un désir de contact, de dialogue ? Mais est-ce suffisant pour penser ensemble alors que ce n'est jamais la même "chose" individuellement qui est significative à chacun d'entre nous ? Quels rapports de coexistence et de cohabitation, sont nécessaires pour ne pas rendre les relations impossibles ? Confrontés aux événements de l'histoire collective chaque individu ne se retrouve-t'il pas connecté à un devoir de mémoire envers tous ceux qui l'ont précédé et qui lui ont légué en héritage la situation actuelle ? Et face aux événements présents, chacun ne se retrouve-t'il pas responsable de sa propre vie et de l'engagement de ses choix, décidant de faire de son histoire la plus belle des aventures pour éclairer le monde de sa lumière personnelle ? Mais comment appréhender son avenir et prétendre le maîtriser avec assurance, si l'on ne connaît pas encore tous les événements majeurs qui changeront le monde dans tous les domaines ? L'inconnu du futur, n'est-ce pas la preuve paradoxale de l'ignorance ? Et l'occasion de découvrir sa vie, l'intérêt d'être ign'art?
     Quels sont tous les aspects de l'ignorance ?
N'en existe-t'il pas une multitude inépuisable dues aux différences d'appréhensions ?
- L'ignorance par rapport au temps: L'ignorance du passé: explorations de l'archéologie, des possibles abandonnés…
- L'ignorance du présent: exploration des informations dans l'abondance de l'actualité…
- L'ignorance du futur: exploration par anticipation de tous les futuribles. La durée de vie est trop courte, la mémoire est aussi de l'oubli, l'inconscient sélectif est difficile d'accès même collectif…
- L'ignorance par rapport à l'espace: Les distances sont trop grandes et trop petites pour être partout à la fois: c'est l'impossible don d'ubiquité, et la position de chaque individu est différente et unique...
- L'ignorance par rapport à la connaissance: Comment apprendre: l'école peut-elle suffire ? Comment rendre accessible le grand savoir comme l'espérait les encyclopédistes alors qu'il se modifie sans cesse ? Comment franchir les barrières des intelligences ? Comment franchir toutes les frontières ? La science a-t'elle des limites liées à sa nature ?  - L'ignorance par rapport à la croyance: Qui est dieu? Qui croire? Croire en quoi ? L'ignorance n'est-elle pas parfois préférable à la connaissance ? Quelles ressources contre les exemples multiples du mensonge, du secret, du doute, du non-dit, du malentendu, de l'innocence, de la naïveté ? 
    Quelles sont les bonnes questions pour trouver les bonnes réponses ?  - Faut-il accepter l'ignorance ? Existe-t'il des limites aux connaissances ?  - Faut-il ignorer l'ignorance ? Ignorer l'impossible pour le dépasser, pour fonder tous les défis, oser découvrir l'inconnu?  - Est-il possible de vaincre l'ignorance ? De chercher à tout expliquer ? De vérifier toutes les hypothèses ? De partager toutes les connaissances sans crainte ?  - Est-ce un art de faire face à l'ignorance ? Quelle est la culture qui répond à toutes les questions ? Quel est l'apport des sciences et des croyances ?  - Est-ce un art de savoir ignorer ? De dépasser les histoires (oublis), de déjouer les fausses informations (secrets) ?  - Est-ce l'art d'interroger le temps ?

Culture-Café de Caméléon-Phénix à Evian le 27/11/2003

Théorie et philosophie de la musique

September 19, 2013 par Marsilio L. Abate   Commentaires (0)

« Pourquoi la musique ? » s’interroge Francis Wolff lors d’une conférence donnée récemment au Collège de France. Depuis l’Antiquité, nombreux sont les philosophes a réfléchir sur la nature et la signification de cet événement sonore et artistique, si présent dans nos vies de tous les jours et, à bien des égards, si mystérieux. La musique peut-elle structurer notre vision du monde ? A-t-elle une influence sur notre comportement ? Exprime-t-elle quelque chose ? Nous fait-elle accéder à une dimension cachée de l’existence ?

C’est à cette aventure esthétique et philosophique que vous invite l’Association Musique en lumière et la Librairie du Muratore, au cours de 9 ateliers animés par Jean-Michel Henny.

Afin de réunir sensations et réflexions, une séance sur deux sera enrichie par la performance sonore d’un musicien.

En savoir plus : www.melumiere.com

 

 

Avat'art (Avatar)

September 17, 2013 par Jean-noël Léger   Commentaires (0)

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1- L'art du divin:
L'humain n'est-il qu'un avatar du divin, un essai expérimental de création ?
2- L'art divin:
L'humain peut-il tenter ainsi de se réinventer avec l'art, de s'affranchir de son créateur, de recréer lui-même sa propre identité ?

Ce moment de rencontre conviviale, renouvelé le dernier jeudi de chaque mois, est destiné à toutes les personnes qui souhaitent dialoguer librement sur tous les sujets qui les intéressent, et sur les informations actuelles de tous les médias... Ce rendez-vous propose ce mois-ci comme sujet de réflexion et de discussion une nouvelle dérive à propos de l'hisoire du mot "avatar", un mot étrange et intéressant qui vient du sanskrit et qui ressurgit dans l'actualité de l'internet. Est-ce étrange d'établir un parallèle entre le divin qui prend forme humaine et l'humain qui s'invente une forme virtuelle ? Quel pouvoir peut développer l'imaginaire en s'emparant de la technologie ? Existe-t'il une nouvelle voie de la spiritualité ?

Chronique du Culture-Café à Evian le 25/09/2003
Fictionnaire d’Intimologie du Langage de Caméléon-Phénix

Rad'art (Radar)

September 17, 2013 par Jean-noël Léger   Commentaires (0)

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    S'il faut de prime abord nommer tout simplement le sujet, il s'agit de la rencontre: Existe-t'il une liberté de rencontre ? Se manifeste-t'elle par le hasard ? Peut-elle s'organiser par une détection spécifique, une recherche systématique ? Faut-il l'envisager à l'exemple de l'écoute des signaux d'extraterrestres comme nécessitant une installation adéquate ? Faut-il la définir comme une mise en situation particulière d'une logique toute rationnelle, celle d'une mise en scène théatrale qui déclenche un relationnel entre les différents acteurs du moment ? Faut-il la choisir par une émission digne du désir de la réception ? Faut-il la redéfinir à travers de nouveaux sens de communication et de perception ? Faut-il de nouveaux mots pour rétablir le contact par tout un art du repérage, suivre ainsi l'esprit de l'intimologie selon l'art de l'hypothétique ?

1 - Comment faire des rencontres ?
Comment se  mettre en action pour obtenir une réaction, aboutir à une amorce d'échange même au risque de se dévoiler ? Comment arriver à établir le contact sans aboutir à un conflit ? Comment le justifier au préalable ?

2 - Pourquoi faire des rencontres ?
Pourquoi se lancer dans une tentative de connection si elle n'arrive pas à aboutir ? Quel peut-être son intérêt ou sa justification ? Est-ce une réflexion toujours sans fin de vouloir communiquer ? Est-ce vouloir profiter d'un effet miroir de l'autre pour se redécouvrir ? Pourquoi provoquer une évolution de situation par l'ouverture d'une nouvelle relation si elle entraine la prise de conscience d'un enfermement dans sa propre nature ? Est-ce peut-être pour trouver un nouveau moyen de sortir de soi-même ?

Chronique du Culture-Café à Evian le 28/08/2003
Fictionnaire d’Intimologie du Langage de Caméléon-Phénix

À découvrir sur la librairie

Jean-Marie Brohm

Anthropologie de l'étrange

Enigmes, mystères, réalités insolites
Sulliver éditions
Richard Appignanesi

Walter Benjamin

Rivages
Anne Deneys-Tunney

Un autre Jean-Jacques Rousseau

Le paradoxe de la technique
PUF - Presses universitaires de France

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